|

 

 
  24-25 mai 97 - Métropole » La Réunion
Aprés 10 heures 30 de vol, nous atterrissons sur l'aéroport de Saint-Denis que nous quittons à pied jusqu' à l'arrêt de bus situé de l'autre coté de la voie rapide. Encore 20 mn et nous rejoignons le centre ville, il faut claquer dans les mains pour demander l'arrêt au chauffeur. Nous trouvons notre pension non loin de la gare routière, nous posons les sacs, un petit brin de toilette et nous partons à la recherche d'un restaurant premier contact avec la cuisine créole puis nous ferons le tour de la ville avec une pause chez un marchand de glace ainsi que sur le Barrachois, mini croisette locale.
26 mai 97 - Saint-Denis » Le Colorado
Nous effectuons quelques achats pour les jours à venir, notamment des fruits au marché couvert, nous passons à la Maison de la Montagne pour quelques renseignements sur l'état des sentiers de notre parcours, et nous réservons les repas dans les gîtes. Aprés avoir traversé le jardin public, nous attaquons le sentier qui s'éléve rapidement au dessus de la ville, nous démarrons lentement afin de s'habituer à cette chaleur moite et nous multiplions les pauses pour boire. Il est bientôt midi et nous arrivons au sommet, le chemin que nous suivons maintenant sur la crête est moins pentu et nous atteignons un kiosque alors qu'un léger crachin fait son apparition. Nous mangeons à l'abri et nous repartirons vers 14h. Une heure plus tard, la pluie est de retour mais cette fois, il faudra se couvrir car ce sont de véritables trombes d'eau qui nous assaillent durant une heure. Le sentier remonte, il est maintenant plus étroit, la pluie le rend glissant et nous progressons avec difficulté, l'heure tourne et vers 17h, je prend la décision de faire demi tour car nous ne pourrons pas atteindre l'abri où nous devions coucher. Nous revenons ainsi jusqu'au dernier kiosque que nous avions vu en montant et nous l'atteignons à la tombée de la nuit. A la lueur des lampes frontales, je prépare la soupe et les spaghettis car les femmes sont fatiguées, puis nous installons nos duvets sur les tables Saint-Denis est éclairé 700m en dessous, le ciel est clair et nous partons pour notre première nuit à la belle étoile.
27 mai 97 - Le Colorado » Plaine des Chicots
Nous repartons vers 7h30 par une piste qui nous rallonge un peu le parcours mais qui est nettement plus praticable que le sentier de hier soir nous gagnons 1/4 d'heure sur la première heure de marche. Aprés il faut à nouveau galèrer dans un sentier glissant durant 1h30 avant de retrouver une piste où nous ferons une petite pause avant de passer sur l'autre versant ici nous progressons dans le brouillard et il y a eu de nombreux éboulements. Nous continuons ainsi jusqu' à une cabane où un groupe de jeunes prépare le barbecue et nous en profitons pour faire le plein d'eau ainsi que la pause repas. Nous repartons pour nous enfoncer en forêt par un petit sentier fait de marches taillées dans la terre la végétation est dense et l'ambiance étrange avec le vide qu'on devine à gauche de nos pieds dans les nuages. Un peu plus loin, ce sera des arbres couchés par les cyclones il faut passer dessus, puis dessous puis encore au dessus, ce qui, avec des sacs à dos n'est pas toujours évident. Nous arriverons ainsi vers 15h30 au gîte de la plaine des Chicots où nous avons droit à un abri en dur pour installer notre bivouac. Douche, repos et viendra le moment du repas que nous avions réservé: rhum maison et plats de riz, lentilles, saucisses et poulet servis copieusement avec le rougail.
28 mai 97 - Plaine des Chicots » Dos d'Ane
A la lueur du clair de lune, je démarre vers 5h en ne me servant de la lampe frontale que pour visualiser un passage délicat et en une heure, je serai au sommet de la Roche Ecrite. Le jour commence à pointer, quelques lumières dans le cirque de Salazie en contrebas, le cirque de Mafate à droite avec les sommets du Maïdo, du Grand Bénare et l'imposant massif du Piton des Neiges, tout au loin le volcan et déjà pris par les nuages. Je resterai là durant une heure à contempler ce paysage qui prend couleur avant de rejoindre Christiane et Doriane qui m'attendent pour le petit-déjeuner. Un hélico vient livrer une nouvelle machine à laver au gîte puis nous nous mettons en route en passant par le point de vue sur le cirque de Mafate où je détaille le parcours des 5 jours à venir. Christiane est tendue dans la descente et elle finie par chuter je revoie déjà les images du GR 20 mais je suis rassuré quand je vois qu'elle tient sur son pied, nous posons un strapping et lui donnons un anti-inflammatoire. La descente sur Dos-d'Ane sera longue et éprouvante mais nous y arriverons en début d'aprés-midi et l'accueil sera formidable. Aprés ce sera à nouveau repos, puis les courses dans l'épicerie bien achalandée et nous irons même boire une bière au café . Nous rentrerons prendre notre repas chez Patricia et Axel punch à la noix de coco, omelette (50 oeufs de caille), Carry ti jacques, vin rouge de France, beignets de banane et rhum arrangé à la cannelle autant dire que nous sommes repus lorsque nous sortons de table.
29 mai 97 - Dos d'Ane » Aurère
Vers 7h, Axel nous emmène au départ du sentier, à l'autre bout du village afin d'éviter 3/4 heure de route Christiane est prudente et je lui trouve un baton pour l'aider à garder l'équilibre, cela soulagera mon bras et mon dos qui ont bien souffert dans la descente de hier matin. Une échelle, un éboulis à traverser, et nous croiserons 2 joggeurs et une quinzaine de militaires dans cette descente vers le lit de la rivière des galets où au premier passage à gué, nous croiserons un groupe de randonneurs qui nous en annoncent encore quatre (des passages à gué et non pas des randonneurs). Au deuxième, nous enlevons à nouveau les chaussures, au troisième un 4X4 nous embarque pour passer les suivants. Nous reviendrons dans l'eau au dernier mais pour se baigner sous une cascade qui tombe de la paroi et nous reprendrons la montée vers Aurère. Une pause à l'ombre pour le déjeuner et nous repartons sous la canicule. La montée semble interminable puis le chemin devient plat et nous arrivons bientôt à Aurère, nous trouvons le gîte à l'entrée du village et nous posons nos sacs. Le gardien arrive au bout d'un moment, il n'a pas l'air d'être à jeun mais le gîte est vide alors qu'il ne restait que 2 places lors de notre réservation. Aprés explication, il s'avère que son fils tient également un gîte dans le village et nous téléphonons, à la demande du père, pour annuler notre réservation, tout compte fait nous avons de la place ici et cela semble correct. Nous prendrons notre repas vers 19h aprés avoir réveillé notre hôte endormi dans ses sacs de haricots, en train de cuver les litres de vin qu'il nous avait fait acheter à l'épicerie en fin d'aprés midi. Nous réglons la note et nous nous enfermerons dans le dortoir juste aprés le repas car je trouve, qu'avec son copain arrivé un peu avant, ils commencent à tourner un peu trop autour des femmes. Nous les entendrons finir la bouteille entamée puis s'en aller vers leur habitation pour notre part, extinction des feux vers 20h.
30 mai 97 - Aurère » Mafate
Nous préparons notre petit-déjeuner sur la terrasse alors que le gardien revient déjà de l'épicerie avec un panier bien chargé et nous nous mettons en route vers 7h30. Les paysages sont magnifiques sous la lumière du matin et nous allons d'ilet en ilet, alternant montées et descentes la plupart du temps sous le couvert des arbres. Nous rencontrerons une patrouille de gendarmes, poignées de main, discussion sur notre périple et nous continuons jusqu'à un torrent où nous ferons un pause baignade dans les vasques naturelles. Nous reprenons la montée jusque Grand' Place puis encore plus haut avant d'atteindre une vertigineuse descente dans la rivière des galets. Christiane a besoin d'aide pour descendre tant les marches sont hautes et nous ferons la pause repas sous un arbre à mi pente car le soleil est au zénith. Nous atteignons le lit de la rivière juste à la sortie de gorges que nous remonterons par un sentier accroché à flanc de paroi avec par endroits juste assez de place pour poser un pied et bien sur des eaux tumultueuses une trentaine de mètre plus bas. Encore quelques gros blocs à franchir et nous arrivons dans une petite vallée plus calme ou nous installons notre bivouac à l'emplacement d'une ancienne cabane non loin d'une source. Un petit brin de toilette dans le torrent, un peu de lessive, surtout du repos et vient l'heure du repas, à base de soupe et de pâtes, préparé sur le ré chaud puis nous nous installons dans nos duvets avec des milliers d'étoiles comme plafond de chambre c'est encore une belle journée qui se termine.
31 mai 97 - Mafate » Les 3 Roches
Lever vers 7h, il nous faut, comme d'habitude, une heure pour lever le camp car nous sommes maintenant rodés et nous commençons par traverser le torrent avant d'attaquer une longue montée vers un col au dessus de Roche Plate que nous atteignons vers 10 heures. Au sommet, nous ferons comme souvent le matin, lorsque nous sommes les premiers à passer, le nettoyage du sentier qui est barrés par d'énormes toiles d'araignée dans lesquelles nous buttons, (mais en général, c'est à moi que revient cette tache) occasionnant la fuite de l'animal le long du corps puis des jambes avec à chaque fois quelques frayeurs chez les femmes. Ces petites bêtes sont bien inoffensives mais leur taille d'une douzaine de centimètres a de quoi impressionner les âmes sensibles. En arrivant au village, nous attendrons l'ouverture de la boutique pour se réapprovisionner mais nous serons déçus car il n'y a pas grand chose hormis des conserves et des magnums de Coca pas de pain, ni de fruit, encore moins du saucisson ou du fromage. Nous poursuivons donc en comptant sur nos réserves de survie lorsque hélicoptère se pose à l'autre bout du village je vais voir s'il ne s'agit pas de ravitaillement mais ce n'est que l'urne pour les élections législatives du lendemain. En effet, Roche Plate est un des bureaux de vote dans Mafate et certaines personnes feront jusqu'à 5h de marche pour venir accomplir leur devoir électoral. Une femme enceinte et un enfant repartirons vers Saint-Denis, par la voie des airs, pour voir le médecin car c'est le seul moyen de locomotion qui relie le village au reste de l'ile. Nous poursuivons sous la canicule, par une montée où le paysage me rappelle étrangement la Corse, pas d'ombre, pas de vent et nous sommes au pied du rempart immense falaise d'environ mille mètres au dessus de nos têtes ce qui rend l'atmosphère oppressante.
Nous descendrons ensuite dans une ravine humide pour arriver au terme de cette étape au site des 3 Roches: à cet endroit, le torrent se jette dans une faille sans fond, au milieu de grandes dalles de roches propices au bain de soleil, l'endroit est vraiment magnifique, c'est pourquoi nous y resterons pour l'aprés midi et nous installerons notre bivouac sous les filaos d'une petite ile au milieu de ce paradis. Repos, bronzette, trempette et on recommence on se croirait presque en vacances. La soirée au bord de l'eau s'annonce fraîche et nous nous octroyons un petit feu de camp durant le repas avant de nous endormir loin de tout. (3 Roches à cause des 3 rochers en forme de boule présents sur le site)
1er juin 97 - Les 3 Roches » Marla
Journée repos aujourd'hui, enfin presque car l'étape est courte est nous commençons par prendre un petit déjeuner au bord de l'eau avant de partir en suivant le lit de la rivière. Mais cela était trop beau, et il faut grimper pour contourner des gorges encaissées, passer un gué , puis remonter sur un plateau où nous rencontrerons de magnifiques papillons et nous attaquons déjà la dernière difficultés de la journée. Il faut remonter une ravine de pierre en pierre, le final est plus agréable, sous la végétation et nous apercevons les maisons de Marla. Nous commençons par faire les courses car la boutique est bien achalandée et nous en profitons pour boire une 1664, le gîte est juste à coté, on est bien, il fait toujours beau et il n'est que 10h la journée repos sera longue et c'est bien comme ça. Nous prendrons le repas du soir au gîte: salade de cresson, riz, lentilles, carry de poulet et carry de porc et un gateau à base de patate douce, le tout accompagné de punch, vin et rhum arrangé .
2 juin 97 - Marla » Cilaos
Mauvaise nuit à cause de nos voisins de chambre qui ont ronflés il est vrai que nous n'avions pas eu de voisins depuis notre départ de Saint-Denis mais nous prenons le sentier du col du Taïbit vers 7h30 aprés avoir avalé un solide petit déjeuner. Une pause à mi chemin et une autre au sommet pour jeter un dernier regard sur le cirque de Mafate avant de plonger dans celui de Cilaos, je fais quelques photos pendant que Doriane et Christiane entament la descente puis je me lance à leur poursuite.
Chistiane a retrouvé un peu plus de confiance dans les descentes mais nous serons rattrapés par nos voisins de chambre alors que nous goûtons les fraises de la plaine du même nom. Aprés cette petite pause, la pente s'accentue un peu mais nous serons doublés par une famille qui descend à la ville: l'homme est pieds nus avec un jeune garçon sur les épaules et la femme traîne, par la main, une petite fille chaussée de bottes en caoutchouc ils emmènent quelques produits de leur champ ainsi que des bouquets de fleurs séchées. Nous aurons confirmation qu'il y a un bus vers 12h pour Cilaos. Nous croiserons la route vers 11h30 et nous mangerons en attendant le bus, car les femmes ont choisies cette option pour rallier Cilaos. Pour ma part, j'ai décidé de continuer la descente à pied et je dévale donc à nouveau le sentier accroché à flanc de paroi, je manque à plusieurs reprises de me retrouver par terre et je m'arrête sur une corniche pour reprendre un peu mes esprits et évacuer l'ivresse de la descente. Je rencontre 2 touristes perdus dans la nature et je les conseille puis j'arrive à la cascade de Bras Rouge où j'en profite pour m'octroyer une petite baignade. Il faut bien se résigner à reprendre le chemin qui remonte vers Cilaos. J'arrive aux anciens thermes de Cilaos puis en ville où je retrouve les femmes dans une cabine téléphonique prés de l'Office du Tourisme. Elles ont trouvé du logement au couvent et nous déposons mon sac avant de faire les courses nous irons manger au restaurant mais comme il y a de l'ambiance ici, avec le Parti Communiste qui a remporté les élections, nous devrons rentrer avant 21 heures, car la grille sera fermée.
3 juin 97 - Cilaos » Caverne Dufour
Je pars vers 7h, les femmes me rattraperons en bus vers 8h et je m'enfonce dans la forêt de la Roche Merveilleuse il ne s'agit que d'un promontoire qui domine la ville. Je retrouve les femmes sur le bord de la route et nous attaquons le sentier d'un pas lent car il y a 3 h de montée jusqu'au refuge de caverne Dufour, terme de cette étape. Nous sommes toujours sous le couvert des arbres et Cilaos s'enfonce sous le soleil, nous rencontrons quelques personnes qui redescendent et nous serons doublés par le gardien du refuge, qui remonte une trentaine de kilos de ravitaillement en courant. Effort aprés effort, pause aprés pause nous arrivons au sommet sous le soleil et nous aurons toute l'aprés midi pour récupérer ce qui n'est pas pour déplaire aux femmes.
4 juin 97 - Piton des Neiges + Caverne Dufour » Dimitile
Ré veil vers 4h30, un café , nous ajustons nos lampe frontale et nous partons à deux, Doriane et moi le reste du refuge est endormi. Nous déambulons entre les marques blanches qui marquent le sentier, arrivons sur une crête où nous faisons une petite pause Cilaos est là en contrebas dans le noir et nous repartons avec la lueur de l'aube qui apparaît. Nous arriverons au sommet 1/4 d'heure avant le lever du soleil, il faut se couvrir car il fait froid mais le spectacle qui commence alors est magnifique, vite quelques photos car cela ne dure pas longtemps en quelques instants, c'est toute l'ile qui s'éclaire et qui prend vie. Nous repartons vers le refuge et nous rencontrerons des cristaux de glace, preuve que la température n'est pas très élevée, mais il faut se dévêtir dans la descente car la température remonte vite avec la présence du soleil. Aprés le petit déjeuner avec Christiane que nous avons retrouvée au gîte, nous bouclons les sacs et prenons le départ vers 9h à un rythme plus que lent 1 heure sur le topo-guide, 2 heures sur le terrain. Christiane n'a pas du tout la forme aujourd'hui et le parcours de montagnes russes qui nous attend, ne va pas arranger les choses. De plus des passages aériens sur des échelles compliquent un peu plus la progression pour finir par une descente interminable ou je suis obligé de soulager Christiane de son sac, en faisant deux fois le parcours, jusqu'à la piste plus large et moins pentue ou je porte alors les 2 sacs. Nous finirons en plein brouillard, Doriane part en avant jusqu'au refuge qui est maintenant proche et revient à notre rencontre récupérer le sac de Christiane il est 16h30, et cette longue étape est enfin terminée. Bière, douche froide, punch, soupe chaude et repas devant la cheminée pour terminer la soirée il ne faudra pas nous bercer ce soir.
5 juin 97 - Dimitile » Bras de Pontho
Je pars seul vers 8h00 les femmes descendront dans le 4X4 du gardien du refuge car la fatigue de hier ne s'est pas complètement estompé e. Un bref arrêt sur la crête pour le point de vue sur le cirque de Cilaos dans la lumière du matin et je m'enfonce dans la végétation luxuriante du sentier de la Jument la descente est régulière et je tiens un bon rythme uniquement perturbé par mes multiples arrêts photos pour figer cette nature sauvage. La forêt s'éclaircie puis j'arrive dans les goyaviers où je goûte quelques fruits et bientôt les premières habitations avec le retour à la civilisation. Je viens de descendre 1500 m de dénivelé et je retrouve les femmes, assises sur un muret, dans le village de l'Entre Deux vers midi, nous reprenons alors un petit sentier vers le lit du Bras de la Plaine où nous passerons une partie de l'aprés midi sur les bords du ruisseau avec au programme, sieste et baignade. Un petit café préparé sur le réchaud et nous remontons sur l'autre versant de ces gorges pour arriver dans les champs de canne à sucre. Encore une petite route qui remonte légèrement vers Bras de Pontho et nous voilà sur devant l'église du village, terme de cette étape et point de rendez vous avec Moon. Moon est la soeur d'une amie qui randonne avec nous en métropole et avec son mari Gaby, ils ont proposés de nous héberger ce soir au Tampon. Comme ils randonnent aussi, (on s'est d'ailleurs rencontrés par hasard aux passages à gué de la Rivière des Galets le 29 mai dernier mais sans le savoir) nous relatons notre voyage devant une bière des Flandres puis plus tard dans la soirée ce sera à Gaby de nous faire partager une de ses passion. En effet, une anodine question de notre part pour localiser la Croix du Sud dans le ciel, nous amènera jusque 23h à contempler les cieux à la découverte des constellations et autres nébuleuses à l'aide du télescope que notre hôte installe pour l'occasion.
(Encore un grand merci à vous, Moon et Gaby, pour cette soirée)
6 juin 97 - Bois-Court » Grand-Bassin
On profite du confort, grasse matinée, petit déjeuner et tour du jardin avec Moon à la découverte des plantes spécifiques de la Réunion, puis Gaby nous amène au supermarché où nous effectuons notre ravitaillement pour les jours à venir avant de nous déposer à Bois Court pour le départ de notre étape à savoir 600 m de descente vers Grand Bassin que nous apercevons depuis le point de vue. Le pied de Christiane est douloureux ce matin et nous laissons filer Doriane en avant avec les consignes pour le gîte, pendant que nous descendons tranquillement en profitant du paysage et du soleil. Lorsque nous atteignons le gîte, Doriane est déjà douchée et sa lessive sèche au soleil, cela fait 3/4 d'heure qu'elle est arrivée. Nous faisons de même avant de prendre notre repas et nous finissons par un café, puis nous allons faire un tour à la cascade du Voile de la Mariée où nous passerons l'aprés-midi. Retour au gîte où nous sommes encore une fois les seuls locataires et repos en attendant les odeurs de cuisine qui nous rappellent qu'il est à nouveau l'heure du repas.
7 juin 97 - Grand-Bassin » Bourg-Murat
Réveil vers 7h, le gardien a déjà installé notre petit-déjeuner sur la terrasse comme d'habitude, nous avons droit au café , au chocolat, des biscottes et de la confiture maison, ici en plus on aura du beurre. 3/4 d'heure plus tard nous traversons le village qui s'éveille par un sentier en pente douce mais cela ne dure pas car il faut bifurquer à droite dans un sentier récent, non indiqué sur la carte, qui nous sortira de la vallée. Il y a des marches taillées dans la terre mais par endroit cela s'apparente plus à de l'escalade car non adapté es aux jambes des femmes. La végétation est dense, il faut utiliser le flash pour les photos, et ce sous-bois est particulièrement humide par endroits c'est encore plus raide mais des échelles en bois prennent alors le relais du chemin. Puis plus loin, ou plutôt plus haut, le sentier vient d'être refait avec des rondins mais la terre fraîchement remuée et l'humidité présente rendent la progression encore plus difficile surtout à certains endroits piétinés par des vaches ? Nous retrouverons, en effet, ces quelques ruminants sur le plateau que nous atteignons aprés plusieurs passages de clôtures, nous ne sommes plus dans la forêt tropicale mais toujours dans la boue et je suis à nouveau obligé de soulager Christiane de son sac. Nous rattraperons le GR au milieu des prairies (un bouleau perd ses feuilles au mois de juin, nous sommes dans l'hémisphère sud) et par un bon sentier nous progressons vers la seule route qui coupe l'ile en deux mais nous ferons notre pause pique-nique avant celle-ci et nous serons alors rejoints par deux militaires qui sont en maneuvre. Le temps menace, il faut se remettre en route et la circulation sur la route nous semble bien pénible aussi nous décidons de faire du " Stop" et c'est dans le pick-up d'un 4X4 que nous effectuons les 2 kms qui nous séparent de Bourg-Murat. Nous faisons étape à l'Auberge du Volcan où nous transformons la chambre en buanderie puis nous allons passer l'aprés-midi à la Maison du Volcan à visionner des films et parcourir les expos sur la volcanologie ce sera pour nous une première approche du volcan où nous allons nous rendre dans les jours à venir. Puis, il faudra à nouveau faire les courses et nous rentrerons à l'auberge sous la pluie pour nous reposer en attendant le repas car ce soir, c'est décidé, on se paye le resto: Christiane craque pour une entrecote frites alors que Doriane et moi continuons dans la tradition avec un repas créole.
8 juin 97 - Bourg-Murat » Gîte du Volcan
Je repars à nouveau seul ce matin, les femmes ayant décidé de faire l'approche du volcan en voiture avec la complicité d'un employé de la Maison du Volcan qui les emmènera jusqu'à la Plaine des Sables. Je fais également du " Stop" pour rattraper le GR au Nord de Bourg-Murat et j'emprunte celui ci à travers des pâturages remplis de moutons le terrain est encore une fois assez gras. Un peu plus loin, c'est un maquis que des feux de broussailles ont rendus bien austère, avant de rattraper la route du volcan où de nombreuses voitures montent. Le sentier coupe quelques lacets puis s'en écarte pour arriver au bord du rempart c'est là que je rattrape un groupe de randonneurs Réunionnais et je finirais l'étape avec eux traversée de la Plaine des Sables, puis remontée au Col Lacroix tout en racontant les anecdotes de mon périple. Je retrouve Christiane et Doriane aux abords du gîte car les chambres ne seront accessibles que vers 14h30 aussi nous décidons de casser la croûte sous un kiosque car le soleil du matin est maintenant remplacé par le brouillard et un peu plus tard c'est la pluie qui fera son apparition. Nous ne serons pas les seuls car le gîte est presque complet et nous retrouverons un groupe qui vient de finir une mini traversé e en 8 jours ainsi que des personnes rencontrées du coté de Cilaos. Aprés le repas, nous regagnons notre chambre le ciel est en partie dégagé et nous n'avons plus de difficulté pour repérer la Croix du Sud dans cette trouée.
9 juin 97 - Gîte du Volcan » Plage de Grande-Anse
Ce matin, et comme une bonne partie de la nuit d'ailleurs, il pleut avec de fortes bourrasques de vent, notre escapade sur le volcan semble compromise, nous traînons au lit et nous serons les derniers à prendre le petit-déjeuner. Personne n'est parti et certains, qui ont une voiture, envisage de redescendre sur la côte c'est ainsi que nous profiterons de places disponibles pour effectuer une sortie à la mer. Nous sommes déposés à Saint-Pierre et nous commençons par louer une voiture puis nous continuons à longer la mer pour faire le tour de l'ile par le sud. Arrêt à Grande-Anse où nous trouvons une plage quasiment déserte, repas vite fait à la buvette et nous nous installons sous les palmiers pour une bonne partie de l'aprés-midi uniquement perturbée par les baignades. Il faudra bien se ré signer à partir et nous continuerons à visiter les sites de la côte jusqu'à la coulée de lave de 1986 où nous nous promettons de revenir. Ensuite nous filons vers le gîte et nous arriverons à temps pour assister au coucher de soleil sur le Piton des Neiges depuis le Col de Bellecombe derrière nous, La Fournaise est dégagée.
10 juin 97 - Le Piton de la Fournaise
Ce matin il fait beau sur le volcan malgré la mer de nuages qui nous entoure nous avalons le petit déjeuner en vitesse et nous prenons la direction du col de Bellecombe où nous descendons dans l'enclos par un interminable escalier. Nous sommes dans les premiers à atteindre le Formica Léo, petit volcan dans le volcan et c'est du haut de ce tas de scories que nous voyons apparaître le jour. Puis nous suivons les marques blanches vers le volcan, la progression est plane sur les coulées de lave cordée jusqu'à la Chapelle de Rosemont, qui est en réalité une grotte naturelle dans la lave de couleur rouge. A partir de là , la pente augmente et nous avons choisi le trajet direct vers le sommet que nous atteignons vers 8h30. L'arrivée au bord du cratère du Bory est quelque chose de grandiose et le plus impressionnant c'est encore de descendre au fond de celui-ci parmi les crevasses. Nous faisons une pause à la limite du cratère du Dolomieu, nos pieds dans le vide, là il s'agit du cratère principal d'où s'échappent des fumerolles mais l'accés est interdit car le plancher peut lâcher à tout moment ! Nous poursuivons notre cheminement sur le bord du cratère, je m'éloigne du bord pour apprécier les couleurs changeantes de la roche et des coulé es mais nous serons engloutis par le brouillard qui monte. Je rejoins les femmes et nous faisons une pause sur le bord de la Souffrière où la lumière dessine un arc en ciel dans la brume. Nous redescendons à travers les coulées et les tunnels de lave, les femmes suivent la trace, et moi comme toujours je vais à l'aventure à la recherche de je ne sais quoi mais je trouverais quelques fleurs et dessins inédits dans la lave. Je retrouve mes compagnes au pied du Formica Léo et nous remontons l'escalier vers le gîte sous un petit crachin, nous y serons vers 12h30 pour prendre un punch bien mérité . Aprés midi repos puis c'est déjà l'arrivée des nouveaux randonneurs et encore une sacré e ambiance, ce soir, autour de la table.
11 juin 97 - Gîte du Volcan » Basse Vallée
Je pars seul ce matin, les femmes iront à la plage avec la voiture de location et me retrouveront ce soir à Basse Vallée je longe la falaise qui borde l'enclos masqué par les brumes. Le volcan apparaît, majestueux, dans une trouée et je progresse hors sentiers entre les buissons de branles avec la plaine des sables sur ma droite. Puis vient, comme chaque jour, le ballet des hélicoptères autour du volcan, je retrouve le GR un peu plus loin avant qu'il ne plonge à travers des buissons plus denses et la forêt tropicale. Des racines rendent la progression difficile ainsi que quelques portions de chemin boueux mais le sentier s'élargi et c'est de l'herbe fraîchement coupée que je piétine maintenant. Je ferais une petite pause casse croûte alors que les bâtiments du gîte sont en vue en contrebas puis j'attaque une dernière descente assez raide, traverse un torrent et remonte sur l'autre rive par une échelle de bois. Le gîte est là et j'attendrais le gardien dans le salon de jardin en compagnie des chiens qui ont finis par m'adopter. Café, douche et j'attends les femmes mais celle-ci arriveront avec la nuit dernier repas très arrosé et je ramène mes compagnes, qui ont abusées du punch, dans un fou rire interminable sous les étoiles.
12 juin 97 - Basse Vallée » Mare Longue
Je quitte le gîte de Basse Vallée sous un ciel gris et pluvieux et je m'enfonce dans la forêt par un sentier qui part vers l'est et coupe plusieurs ravines. A chaque fois, je dois redoubler de prudence sur les rochers humides du ruisseau ou sur les branchages qui forment des ponts tout aussi instables. La végétation est toujours aussi luxuriante puis le sentier plonge vers la mer pour arriver dans une réserve naturelle où un sentier botanique est aménagé. j'en profite pour consulter les pancartes au pied de chaque arbre mais la météo n'est pas très encourageante pour ce genre d'exercice et je continue la descente. J'arrive maintenant dans une plantation de vanille, les plants sont accrochés aux arbres et les gousses sont sur le point d'être récoltées. J'atteins enfin la route mais les femmes ne sont pas au rendez-vous, et comme pré vu je prends la direction de Saint-Joseph jusqu'au souffleur d'Arbonne puits naturel dans la falaise de lave dans lequel s'élévent en geyser les vagues importantes. ( C'est ici que se termine ce périple à pied à travers la Réunion mais il reste encore 2 jours avant d'embarquer pour la métropole.) Les femmes arrivent et nous cassons la croûte sur place puis ce sera direction Saint-Leu, avec la voiture maintenant, pour profiter de la plage: baignade, sieste sous les filaos jusqu'au coucher du soleil, repas au resto et retour sur la plage pour une dernière nuit à la belle étoile.
13 et 14 juin 97 - Petit tour de l'Ile
Lever du jour vers 6h00, 30 mn plus tard nous sommes dans l'eau, petit déjeuner sur la plage et nous prenons la voiture en direction de Saint-Gilles où nous partons à pied visiter le site des 3 Bassins. Nous choisissons l'itinéraire qui suit la canalisation d'eau et il faudra même marcher dans celle ci pour passer un tunnel imaginez l'ambiance dans le noir avec de l'eau jusqu'aux genoux, mais nous nous arrivons dans un site vraiment grandiose et il n'y a personne. Plongeon, baignade puis il fait se résigner à descendre vers les autres bassins et reprendre le chemin du retour. Retour rapide vers le sud de l'ile où nous laissons à nouveau la voiture pour aller à la découverte d'une des dernières coulées de lave qui a atteint la mer en 1986. Nous avons l'impression de marcher sur une autoroute en construction à travers la forêt puis nous atteignons la côte où le contraste est fort entre le noir des rochers volcaniques et le blanc de l'écume des vagues qui déferlent. Puis nous irons voir l'Anse des Cascades qui abrite un petit port de pêche et l'église Notre-Dame des Laves, miraculeusement épargnée par lave lors d'une coulée de lave en 1977. Aprés une nuit à l'hôtel (la seule), nous effectuons quelques achats sur le marché de Saint-Benoît haut en couleurs et en parfums, ensuite nous irons visiter la coopérative de vanille à Bras-Panon où nous apprendrons tout sur la culture et la préparation de la vanille. Encore un passage par le temple Tamoul prés de Saint-André et nous regagnons Saint-Denis et l'aéroport pour embarquer vers la métropole.
|