Randonnée itinérante à travers les Cévennes
En suivant les
traces de l'écrivain écossais qui effectua ce périple en septembre 1878 avec
une ânesse nommait Modestine, une douzaine de randonneurs de l'association
bailleuloise allait renouveler l'expérience en ce début septembre au départ du
Puy en Velay pour atteindre Alès.
C'est la pluie qui accueillit les marcheurs au pied du
rocher de la Vierge d’où la plupart des randonneurs prennent la direction de
Saint-Jacques de Compostelle, une première attente allait nous emmener ensuite
sous les éclaircies vers Le Monastier sur Gazeille en une première étape de
transition entre le voyage en train et le départ officiel du périple.
Après une nuit passée dans une ancienne gendarmerie
transformée en gîte, c'est de nouveau la pluie qui marqua cette deuxième
journée à travers le Velay et le fait de passer au sud de la Loire n'y changea
rien car il fallut trouver abri dans une grange pour le pique-nique du midi, le
propriétaire nous proposant même d'y passer la nuit tant la pluie redoublait.
Au Bouchet Saint Nicolas, il fallut sortir la corde, non pas pour assurer un
passage difficile mais pour transformer la salle des Fêtes qui servait de gîte
d'étape en séchoir afin d'espérer repartir le lendemain avec des vêtements
secs, mais le retour des éclaircies allait enfin permettre d'apprécier les
paysages des vastes plateaux volcaniques du Velay avant d'atteindre Pradelles.
Avant de passer dans le Gévaudan, c'est sur la place de ce chef-lieu de canton,
qu'on nous conta la véritable histoire de la " Bête" qui sévit ici
mais aussi le large passé historique de la cité médiévale surplombant la vallée
de l'Allier. Nous atteignons ensuite Langogne par la Voie Régordane, autoroute
des temps passés qui a vu défiler des milliers de transhumants, pèlerins de
Saint-Gilles ou autres marchands transitant du nord au sud avec des draps et
toiles de Flandres ou du sud au nord avec des épices d'Orient.
Pour cause de gîte
complet, l'étape de Cheylard l'Evêque sera raccourcie sur Chaudeyrac où
l'accueil dans un hôtel sera chaleureux pour le groupe arrivant dégoulinant
suite à une nouvelle après-midi sous la pluie, bienvenue ici après de longs
mois de sécheresse.
La journée suivante
réservait une longue étape de 30 kilomètres qui allait mener les randonneurs
jusque l'Abbaye Notre Dame des Neiges où le repas servi par le frère hôtelier
surpris par sa frugalité les appétits de randonneurs malgré l'accompagnement
d'un vin produit sur place par les moines. Pause à La Bastide Puylaurent pour
effectuer le ravitaillement en pain et produit frais mais cette journée fût
marquée par la cohabitation difficile de notre parcours avec un rallye
automobile, nous obligeant à fuir à travers bois et prairies, mais aussi le
passage au point de partage des eaux entre les affluents de la Loire, ceux de
la Garonne et ceux du Gard sans oublier un dernier passage pluvieux dans
l'après-midi avant d'atteindre le gîte des Alpiers, tenu par une hollandaise en
mal de plat pays mais bien acclimatée à la cuisine méridionale.
Avec l'approche du
Mont Lozère, c'est maintenant les drailles que nous empruntons, tracés
rectilignes entre les points de passage aisés ou obligés et balisés de hautes
montjoies de granite, seuls repères visibles lorsque le brouillard envahit ces
pentes uniquement garnies de bruyère et la transition de la végétation sera
très marquée lorsque nous basculerons sur le versant sud: les cailloux
remplaçant maintenant l'herbe, nous étions enfin dans le sud.
Le cœur du voyage de
Stévenson sera atteint lors de notre étape au Pont de Montvert, là où les
vieilles pierres du pont enjambant le Tarn se souviennent de l'assassinat de
l'Abbé du Chayla par les protestants, ce qui fût le point de départ de
l'histoire des Camisards et de la révolte cévenole qui fît suite mais ce sera
surtout pour nous le retour du beau temps qui nous accompagnera jusqu'à la fin
du périple. Une autre longue étape nous mènera à Florac, aux portes des Causses
et des gorges du Tarn, mais nous éviterons l'itinéraire emprunté par Stévenson,
devenu aujourd'hui une départementale au profit d'un parcours de crêtes
surplombant la vallée de la Mimente, cette même vallée que nous remonterons le
lendemain jusqu'au camping de Cassagnas en empruntant le tracé d'une ancienne
voie ferrée et où nous attendent deux véritables yourtes en guise de dortoir.
Le périple touche à
sa fin, les organismes encaissent les kilomètres et les à-coups du profil de
l'itinéraire mais les gîtes et surtout leurs tables assurent le réconfort du
randonneur qui repart à chaque fois d'un pas alerte comme au Pont de Burgen ou
à Saint-Jean du Gard où l'auteur de notre fil conducteur se sépara de sa
compagne de route. Avant de rejoindre nos foyers, il fallut encore rallier Alès
par une étape supplémentaire, sur des crêtes boisées de buis, de châtaigniers
et de chênes verts et finir en apothéose au gîte de Cendras tenu par un couple
de randonneurs avertis qui connaissent tout autant que nos randonneurs
bailleulois, la mystique de la randonnée itinérante à la découverte d'une
région.
Avec un parcours de près de
300 kilomètres et plus de 7000 mètres de dénivelé, les adhérents du Randonneur
Club des Monts de Flandre qui avaient bien voulu suivre Stéphane CNOCQUAERT,
animateur et initiateur du projet sont rentrés, certes un peu fourbu mais oh
combien satisfait de cette expérience de randonnée itinérante à la découverte
du GR70.
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